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    Energies vertes : la France peut-elle rattraper son retard ? Source : Management Mis à jour le 18/10/2011 à 06:00

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    JPMONNY

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    Energies vertes : la France peut-elle rattraper son retard ? Source : Management Mis à jour le 18/10/2011 à 06:00

    Message  JPMONNY le Ven 21 Oct 2011 - 20:14

    Energies vertes : la France peut-elle rattraper son retard ?
    Source : Management
    Mis à jour le 18/10/2011 à 06:00


    D’ici à 2020, le pays doit doubler sa production d’énergies renouvelables. Pour relever ce défi, il mise sur l’innovation.
    Le Grenelle de l’environnement a fixé un objectif ambitieux : en 2020, près du quart de la consommation d’énergie nationale devra dépendre des énergies renouvelables. Aujourd’hui, cette part avoisine 15%, ce qui nous situe dans la moyenne européenne. Disposant d’une géographie propice, de savoir-faire reconnus et d’une population largement acquise à la cause des énergies vertes, la France a toutes les cartes en main pour relever le défi. Mais certains freins existent : pesanteurs administratives, éclatement des pôles de décision, revirements politiques… Pour répondre aux exigences du Grenelle, notre pays devra miser sur toute la palette des énergies renouvelables – éolien, photovoltaïque, hydraulique, biomasse, géothermie. Et jouer sa carte maîtresse : l’innovation.
    Hydraulique : une filière favorisée par la géographie et par un outil industriel adapté
    «En France, l’hydroélectricité, qu’elle soit d’origine terrestre ou maritime, représente les deux tiers du courant fourni grâce aux énergies renouvelables», rappelle François Tibi, directeur associé au Boston Consulting Group. Pour atteindre son but en 2020, la France devra donc s’appuyer sur l’hydraulique, qui reste à ce jour l’énergie la plus compétitive. Pour la développer, notre pays dispose de réels avantages. Une géographie adaptée tout d’abord. Les montagnes permettent d’intensifier les flux hydrologiques – les régions Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes représentent aujourd’hui 60% de la capacité totale du pays – et le vaste littoral offre d’intéressantes pers¬pectives pour les énergies marines. L’usine marémotrice de la Rance, en Ille-et-Vilaine, est ainsi le premier site de production d’énergies marines au monde (240 mégawatts de puissance installée, 45% de l’électricité produite par la Bretagne). Enfin, la chaîne industrielle complète dont nous disposons à l’échelon national (recherche-dévelop-pement, fabricants de turbines, BTP, bureaux d’études…) autorise une politique ambitieuse en matière d’innovation.
    Eolien : un secteur dynamique et prometteur grâce aux installations en mer
    L’éolien représente la deuxième source renouvelable d’électricité en France. C’est aussi, avec le photovoltaïque, la filière la plus dynamique. Aujourd’hui plus de 3 500 éoliennes produisent 2% de notre électricité. Reste qu’avec nos 6 000 mégawatts de puissance disponible, nous accusons un sérieux retard sur nos voisins allemands (23 903 mégawatts) ou espagnols (16 740). «Nous installons chaque année environ 1 000 mégawatts. Pour être dans les clous du Grenelle, il faudrait atteindre 1 300 à 1 400 mégawatts», affirme Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables. Au défi énergétique s’ajoute un défi écono¬mique : selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), l’éolien représente, à l’horizon 2020, un potentiel de 60 000 emplois dans l’Hexagone.
    De tels enjeux imposaient une action déterminée : forte de ses 3 500 kilomètres de côtes et de son savoir-faire industriel, la France a choisi de prendre ses concurrents de vitesse en misant sur l’éolien en mer. En janvier 2011, l’Etat a donc lancé un appel d’offres portant sur la construction à partir de 2015 de 600 éoliennes offshore, sur cinq sites entre Saint-Nazaire et Le Tréport, pour une capacité installée de 3 000 mégawatts (l’équivalent de deux réacteurs EPR). Montant de l’investissement : 10 milliards d’euros. Des alliances se créent déjà. Areva et GDF Suez d’un côté, EDF Energies nouvelles et Alstom de l’autre. D’autres grands opérateurs électriques européens sont sur les rangs, comme le suédois Vattenfall ou l’allemand E.ON.
    Solaire : un marché en train de se concentrer sur des acteurs nationaux solides
    Si elle représente à peine 1% de la production électrique nationale, l’énergie photovoltaïque a connu une récente explosion, avec une production multipliée par sept en deux ans. En obligeant EDF à racheter au prix fort l’électricité solaire produite par les particuliers et les entreprises, l’Etat a favorisé l’émergence d’une «bulle verte», avec une multitude d’entrepreneurs plus ou moins solides. «On ne peut pas fonder une politique industrielle uniquement sur un tarif de rachat, souligne Céline Alléaume, senior manager chez Kurt Salmon. Le moratoire devrait corriger le tir.»
    En février 2011, ce dernier a en effet limité à 500 mégawatts le rythme de croisière annuel du photovoltaïque, ce qui pourrait permettre le recentrage du marché sur quelques acteurs sérieux. Et donner les moyens aux groupes français de l’énergie de rattraper leurs homologues allemands et japonais, qui sont parvenus à créer de vraies filières industrielles. Car nos industriels ont bien compris les potentiels de ce marché : en 2010, Areva a racheté la start-up californienne Ausra, devenue Areva Solar ; en mai 2011, Total a acquis 60% du capital de SunPower, numéro 3 mondial du photovoltaïque. Mais si tous les maillons de la chaîne du photovoltaïque sont aujourd’hui présents en France, il reste qu’environ 70% des panneaux solaires installés sont importés. Le pays doit donc compter sur sa capacité à innover. L’Institut national de l’énergie solaire et la start-up lyonnaise Apollon Solar y travaillent : ils viennent d’ailleurs de développer un nouveau procédé de fabrication.
    Biomasse : des ressources insuffisamment exploitées, mais un beau potentiel
    La biomasse, c’est l’énergie fournie par le bois, le biogaz et l’incinération des déchets. Elle représente la moitié de la production d’énergies renouvelables en France. Mais son développement se trouve freiné par un encadrement très strict de la production et des tarifs de vente. La Commission de régulation de l’énergie a ainsi lancé deux appels d’offres pour le bois en 2005 et 2006 : sur les 36 dossiers retenus, seuls 6 ont abouti. Un paradoxe dans un pays qui abrite le troisième parc forestier européen.
    Nous sommes également loin d’exploiter tout le potentiel du biogaz. La France en produit douze fois moins que l’Allemagne. Sur nos 300 décharges, seules 65 le valorisent. La biomasse a pourtant un joli potentiel de croissance. Son développement passe par la recherche. Le CNRS, le CEA et l’Inra planchent sur divers chantiers : élargissement des ressources, thermochimie, pyrogazéification visant à concentrer la puissance énergétique… Le programme Regix, financé par l’Agence nationale de la recherche et une dizaine de partenaires, a permis d’évaluer le gisement potentiel de biomasse liée à la cellulose et de conclure à un coût de mise en œuvre compétitif.
    Géothermie : un savoir-faire français à la pointe et de nombreux projets en gestation
    Notre pays recèle en son sous-sol un véritable trésor : de la chaleur, dont l’utilisation ne génère ni déchets ni gaz à effet de serre. En outre, nous savons la capter. La France occupe le troisième rang européen en termes de capacité géothermique installée. Pourtant, le potentiel reste très largement sous-exploité. Les Bassins parisien et aquitain offrent de substantielles ressources et de nombreux projets sont sur la table. La région francilienne et l’Ademe ont récemment investi 22 millions d’euros dans la création de six puits et la remise en état de six autres.
    Cette opération permettra, d’ici à 2013, de chauffer 30 000 nouveaux logements. Mais c’est sur la géothermie profonde que l’essentiel des investissements va porter. A quelques kilomètres sous nos pieds, la planète produit une chaleur abondante et inépuisable. Seul problème : elle est en grande partie emmagasinée dans des formations rocheuses peu perméables. Or l’absence d’eau rend le captage difficile. Il faut donc créer des réservoirs géothermiques artificiels en fracturant les roches et en y injectant de l’eau. Une technologie très pointue, sur laquelle la France est en avance avec le site alsacien de Soultz-sous-Forêts. Ce dernier abrite le programme européen de géothermie profonde : 80 millions d’euros investis (dont 30 millions par l’Union européenne, 25 millions par l’Allemagne et 25 millions par la France), quinze laboratoires de recherche impliqués et… 60 000 mètres cubes d’eau injectés. De quoi voir arriver les prochains hivers avec sérénité.
    Muriel Jaouën

      La date/heure actuelle est Sam 17 Nov 2018 - 19:22