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    Les outils de la garantie de performance énergétique se mettent en place

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    gulles

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    Localisation : Montpellier

    Les outils de la garantie de performance énergétique se mettent en place

    Message  gulles le Jeu 20 Sep 2012 - 14:05

    http://www.lemoniteur.fr/185-regles-et-normes/article/actualite/19044461-les-outils-de-la-garantie-de-performance-energetique-se-mettent-en-place


    Une fois défini le périmètre de la garantie de performance énergétique, il reste à définir les outils et méthodes. Un colloque de l’association Apogée a apporté quelques réponses.

    « Avec l’accélération du rythme des rénovations énergétiques de logements, la question de la garantie de performance énergétique (GPE) va devenir centrale chez les ménages et chez les maîtres d’ouvrage », a prédit Philippe Pelletier, président du Plan Bâtiment, en ouverture du colloque organisé le 13 septembre par l’association Apogée sur ce thème.

    Deux notions de garantie de performance

    Mais de quoi parle-t-on quand on évoque la GPE ? Dans le cadre du Plan Bâtiment, un groupe de travail animé par Caroline Costa, directrice juridique adjointe d’Egis, et Michel Jouvent, délégué général de l’association Apogée, a établi une définition juridique et technique de la GPE. Ou plutôt deux définitions puisque cette notion a été scindée en deux. La garantie de performance énergétique intrinsèque au bâtiment (GPEI) porte sur un niveau maximal de consommations énergétiques « conventionnelles », en fonction d’un scénario d’utilisation et de paramètres de confort spécifiés (température, ventilation, etc.). Elle concerne les acteurs des phases de conception et de construction, jusqu’à la livraison de l’ouvrage. La garantie de résultats énergétiques (GRE), portant sur un niveau maximal de consommations énergétiques réelles et mesurables pendant une durée d’occupation fixée par contrat, implique aussi les exploitants et les usagers des bâtiments.

    Définir des méthodes de mesure de la performance

    Depuis la publication du rapport Costa-Jouvent en avril dernier, les experts ont travaillé à la définition d’indicateurs, à la création d’outils et méthodes de mesure de la performance énergétique, qu’elle soit intrinsèque au bâtiment ou qu’elle concerne les consommations réelles. Ceux d’entre eux qui sont intervenus lors du dernier colloque Apogée s’accordent au moins sur un point : on ne peut envisager la GRE que lorsqu’on a maîtrisé la GPEI, première étape indispensable.

    Première étape, la performance intrinsèque

    Il convient d’abord de définir de façon « opposable » les indicateurs de la GPEI, note Jean-Robert Millet, responsable de la division énergie au CSTB. Pour s’assurer que la performance intrinsèque du bâtiment est conforme à la performance prévisionnelle calculée lors de la conception, il faut procéder à des vérifications en cours de chantier et à la réception. S’il est facile de vérifier visuellement que les composants mis en œuvre sont ceux qui étaient prévus, leur assemblage influe sur la performance finale et une procédure de vérification spécifique s’impose. Ainsi, la perméabilité à l’air du bâti et des réseaux, les débits de ventilation ne peuvent être appréciés qu’au moyen d’une mesure in situ. « Et encore, précise Jean-Robert Millet, s’il est aisé d’utiliser une porte soufflante pour évaluer la perméabilité à l’air d’une maison individuelle, les ventilateurs à mobiliser pour de grands volumes deviennent démesurés ».

    Des outils de vérifications à développer

    Quant à l’isolation thermique globale d’un bâtiment, elle est tout simplement impossible à mesurer avec les moyens actuels. On ne sait que la prédire au stade de la conception. La thermographie permet de mettre en évidence des points faibles à corriger mais ne fournit pas de valeur de performance intrinsèque. Le CSTB mène des recherches pour mettre au point une méthode de mesure in situ. Une procédure de montée et/ou descente en température devrait permettre d’identifier l’isolation globale et l’inertie thermique du bâtiment.

    Garantie progressive

    Tous les outils de vérification de la performance ne sont donc pas encore disponibles. Cela ne doit pas empêcher les professionnels de proposer une GPEI progressive, estime Alain Maugard, président de Qualibat : « La simple mesure de l’étanchéité à l’air est déjà une forme de garantie de performance énergétique intrinsèque. Elle a poussé les entreprises à mettre en place des procédures d’auto-contrôle et fait progresser la qualité de réalisation.

    Les majors s’engagent

    Les majors de la construction n’ont pas attendu la mise au point de ces outils de mesure pour offrir à leurs clients une garantie de performance énergétique.

    Avec son offre globale d’éco-engagement Oxygen, Vinci Construction s’engage contractuellement à une performance énergétique vérifiée pendant la première année de fonctionnement. En phase de conception, une consommation indicative est calculée en fonction de données météo statistiques, des caractéristiques prévisionnelles du bâtiment et de son utilisation supposée, définie par le client. Une fois le bâtiment occupé, deux campagnes de mesures (été et hiver) sont menées pour évaluer l’utilisation réelle du bâtiment et la météo réelle. Un nouveau calcul des consommations est réalisé avec ces données et comparé aux consommations réelles.

    Correction ou indemnisation

    En cas d’écart, Vinci Construction s’engage à les corriger ou à indemniser son client. Mais Louis Demilecamps, directeur des ressources techniques et du développement durable de Vinci Construction France, est serein : le contrôle continu de la qualité sur les chantiers permettra au groupe de ne pas arriver à ces extrémités. La première opération faisant l’objet d’un tel contrat est aujourd’hui construite et en cours d’instrumentation. Il s’agit d’une résidence étudiante de l’Ensta (Ecole nationale supérieure des techniques avancées), sur le campus de Palaiseau (Essonne). Vingt studios ont été instrumentés pour une campagne de mesures.

    Partage des responsabilités

    De son côté, Bouygues Bâtiment Ile-de-France a établi un partage de la responsabilité de la garantie au sein d’un groupement conception/réalisation/maintenance. Le concepteur et le constructeur s’engagent pour la première phase du contrat, jusqu’à deux ans après la livraison de l’ouvrage. L’entreprise de maintenance est responsable pour la deuxième phase, jusqu’à la fin du contrat de garantie de performance énergétique.

    Spie Batignolles lancera également fin septembre ses « éco-offres » comportant une garantie de consommation réelle sur facture.

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